Isthme de Miquelon-Langlade

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Description géographique

Territoire : Saint-Pierre-et-Miquelon

Commune : Miquelon-Langlade.

Superficie protégée : 1391 hectares

Connexion au réseau hydrographique, hydrologie et saisonnalité : L’Isthme de Miquelon-Langlade est une formation sédimentaire longue de 12 km, reliant les îles de Miquelon et de Langlade. Il est issu des remaniements qui ont suivi la dernière période glaciaire il y a environ 10 000 ans : le retrait des moraines a déposé suffisamment de matériaux pour permettre l’émergence d’une bande de terre qui ne s’est définitivement fermée qu’à la fin du XVIIIème siècle.

Ses paysages sont bordés par l’océan Atlantique et ils se caractérisent par de vastes étendues sauvages. La présence de l’homme se fait discrète : seules quelques rares habitations ou clôtures témoignent de la fréquentation des lieux. Au fil des saisons, les couleurs de la végétation transforment le paysage : rouge à l’automne, blanche en hiver, la dune se découvre jaune au printemps et verdit en été… sous des lumières tantôt chatoyantes, tantôt grises. La seule constante dans ce paysage, c’est le vent, puissant et quasi omniprésent.

L’isthme présente en son sein une diversité de milieux naturels :
– Une lagune en eau salée, d’environ 1000 hectares, comportant des bancs de sable (Le Grand Barachois)
– Des étangs d’eau douce
– Des dunes actives et fixées (appelées localement « Buttereaux »)
– Des prairies humides
– Des cordons de sable et de galets
– Des tourbières.

Faune et Flore

Flore

La flore du site est riche et variée tout comme les différents types de milieux naturels. La végétation dunaire s’épanouit sur le cordon des Buttereaux, on trouve des Fraisiers de Virginie sur la dune grise et de l’Oyat sur la dune blanche, de la Salicorne dans les vasières et des plantes de bord de mer en haut de plage… ailleurs c’est une végétation de plaine marécageuse parsemée d’Iris versicolor au printemps, puis une tourbière abritant des Sarracénies pourpres, des sphaignes et des carex. Le vent puissant et chargé d’embruns limite la croissance des végétaux : on ne trouve pas d’arbre sur la dune, à part quelques aulnes rabougris ou des rosiers sauvages au ras du sol. Plus loin, sur Miquelon, des bosquets de Sapins baumiers et d’Epinettes noires ou blanches constituent la marque de l’unique forêt boréale du territoire français.

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Les Buttereaux

 

Faune

L’isthme accueille de multiples espèces :
– d’invertébrés terrestres, aquatiques et marins,
– de poissons (l’Omble de fontaine, l’Anguille américaine, …),
– d’oiseaux (beaucoup de limicoles, d’anatidés, de passereaux, …),
– de mammifères (le phoque veau-marin, le phoque gris, le lièvre d’Amérique, le cerf de Virginie, …).

 

 

La lagune du Grand Barachois joue un rôle essentiel pour la biodiversité du site. Ses bancs de sable accueillent une colonie de Phoques veaux-marins de plusieurs centaines d’individus tandis qu’à l’entrée de la lagune, la plage constitue un reposoir confortable pour un groupe de Phoque gris, fidèle d’une année à l’autre. Les 993 hectares du Grand Barachois sont fréquentés par nombre de canards durant la période hivernale. Le reste de l’année, ce sont les limicoles côtiers migrateurs qui se succèdent sur les vasières découvertes.
Toute cette faune sauvage trouve dans cet espace la tranquillité dont elle a besoin puisque la lagune du Grand Barachois est une Réserve de Chasse et de Faune Sauvage. Les ruisseaux sont fréquentés par l’Omble de fontaine et l’Anguille d’Amérique. Le Pygargue à tête blanche est aussi un habitant régulier de l’Isthme.
Le Grand Barachois et les marais avoisinants sont d’un intérêt ornithologique important pour la reproduction, les migrations et l’hivernage de nombreuses espèces : Canards, Sternes, Limicoles (oiseaux de rivage) etc.

Protection

Le site est protégé par le Conservatoire du littoral.                  Conservatoire du littoral

Enjeux, production, usages et pressions

 Des chevaux en liberté sont présents sur l’isthme : ils offrent aux visiteurs de magnifiques paysages de carte postale. Cependant, une meilleure organisation de ce pâturage est indispensable car sa pratique actuelle accélère l’érosion.

L’Isthme et notamment les Buttereaux subissent des dégradations du fait des assauts de la mer et du vent, plus intenses encore du fait du changement climatique, qui grignotent peu à peu le cordon dunaire. A l’intérieur, des travaux de confortement du cordon permettent de stabiliser l’érosion éolienne grâce à une technique de révégétalisation.
Vis-à-vis de ces facteurs naturels qui le fragilisent, le Conservatoire du littoral en a fait une zone d’intervention.

La circulation de véhicules, de plus en plus nombreux chaque été sur l’isthme, engendre également l’érosion des dunes.

De manière excessive, le camping-caravaning, le pâturage libre ou la circulation des véhicules…peuvent susciter des effets négatifs comme :
– La fragilisation du couvert végétal sur le sol par arrachage des plantes, piétinement ou surpâturage,
– L’apparition de sillons (futures dépressions dunaires) creusés par des véhicules,
– Les dérangements des animaux (phoques et avifaune) par le bruit ou l’approche,…

Histoire

L’Isthme était divisé en immenses concessions agricoles, il concentrait les terres planes et arables de l’archipel. Les fermes pratiquaient l’élevage et fournissaient lait, beurre et crème aux habitants des îles. Aujourd’hui l’agriculture sur le site ne se limite plus qu’à un élevage de moutons et quelques bovins. Le site est aujourd’hui consacré aux activités récréatives : les fermes ont été transformées en résidences secondaires, les promeneurs viennent cueillir des fraises, des graines, des bleuets ou des plates-bières… Des cabanes avaient été aménagées au niveau du Goulet à l’époque de la petite pêche, elles servaient d’abris aux pêcheurs venus d’approvisionner en boëtte (appât) pour allez pêcher la morue. Les cabanes ont aujourd’hui disparu pour laisse la place à l’Observatoire de la Pointe aux Barges, un espace muséographique pour l’observation de la faune du Grand Barachois. Mais on continue de venir cueillir les moules et les coques (myes) au « Goulet de Langlade ».

Découvrir le site

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Observatoire de la Pointe aux Barges

En 2012, un sentier de 2,5 km a été aménagé sur le site. D’autres projets pour améliorer l’accueil du public sur le site sont en cours de réflexion.

Une balade sur l’isthme de Miquelon-Langlade… après avoir traversé le cordon des dunes vallonnées des Buttereaux, on traverse les Marais Sauveur, au bord desquels nichent les sternes en été. Le chemin se poursuit ensuite en longeant le bord de la lagune du Grand Barachois, avec ses rivages de sable et de galets rouges, jusqu’à l’Observatoire de la Pointe aux Barges. Un observatoire a été aménagé dans le Grand Barachois et des visites sont organisées en s’adressant à la Mairie de Miquelon-Langlade.

Du haut de cette maison, on peut observer les Phoques veaux-marins, qui se prélassent à marée basse sur les bancs de sable de la lagune. Le parcours peut se poursuivre ensuite sur les rivages du Goulet : les plages de sable, au pied des dunes, sont fréquentées par le Pluvier siffleur. En rattrapant la Piste du Goulet, on peut descendre vers le sud et rejoindre la route de l’isthme.

 

Contact

Cité administrative
de Circonvallation
Rue Alexandre Buffon
97100 BASSE-TERRE
05 90 81 81 29
gaelle.vandersarren@uicn.fr

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