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Grand Etang Alain BRONDEAU (ONF)

Description géographique

Territoire : Réunion.

Commune : Saint-Benoît.

Longueur de l’étang : environ 1 km. Largeur de l’étang : 500 m.

Superficie : 62 hectares

Altitude : 525 mètres

Latitude: S 21° 0’ 0’’

Longitude : E 55° 0′ 0 »

 Véritable curiosité géologique, Grand-Etang est l’unique lac d’altitude de la Réunion. D’origine volcanique,  il est encerclé par le massif du cratère et les mornes de l’Étang, et est situé au cœur du parc national de la Réunion.

Ce joyau naturel a été formé il y a environ 6 000 ans par une coulée de lave provenant du Piton de la Fournaise qui a bloqué l’écoulement de l’eau dans la vallée.

 Connexion réseau hydrologique et saisonnalité :

Ce lac est alimenté par les eaux de pluie et par les cascades du bras d’Annette.

 Au fil des ans, l’érosion du relief environnant a apporté galets, sable et limons, ce qui confère à l’étang un fond plat. Sur ses abords, on observe de petits monts, anciens cônes volcaniques formés par les coulées du Piton des Neiges, aujourd’hui recouverts de végétation.

 Le paysage est changeant tout au long de l’année puisque l’étang peut être soit totalement à sec par temps de sècheresse (ne subsiste alors qu’une vaste zone marécageuse), soit complètement inondé 2 à 3 mois dans l’année. Ainsi, il n’est pas rare qu’il subisse des assèchements  responsables en partie de la pauvreté de sa faune aquatique.

Faune et Flore

Les assèchements répétés mais également son isolement, font de l’étang un milieu difficilement colonisable par de nombreuses espèces, notamment aquatiques. Cependant, la situation protégée du Grand Étang offre à de nombreux oiseaux un site de nidification aux atouts multiples.

On y observe notamment des espèces endémiques tel que le tarier de la Réunion (petit oiseau peu farouche dont le chant constitué de notes courtes lui a valu son nom local de « tec-tec »), le papangue ou buse de Maillard – seul rapace réunionnais, l’oiseau la Vierge, le merle péi…

Ont également trouvé refuge à Grand-étang, d’autres espèces animales plus discrètes comme :

– le tangue, ou hérisson malgache, petit mammifère insectivore qui fut introduit sur l’île pour sa chair consommée en cari ou civet.

– le gecko vert de Hauts Phelsuma borbonica qui a la particularité de nicher dans des structures artificielles. Adultes et œufs se retrouvent ainsi au niveau des charpentes des carbets, des panneaux d’accueil ou encore des poteaux de signalisation routière.

– la micro-faune dont 9 espèces zooplanctoniques ont été recensées et qui survivent aux assèchements répétés de l’étang grâce aux œufs de résistance qu’elles pondent.

– des amphibiens : 2 espèces ont été signalées, le crapaud Bufo gutturalis et la grenouille Ptychadena mascareniensis.

– de nombreux invertébrés (mollusques, vers, crustacés, araignées…).

gecko vert de Hauts Phelsuma borbonica Olivier Teyssedre ONF
Gecko vert de Hauts – Phelsuma borbonica

Les berges de Grand Etang sont colonisées par une ceinture de végétation périphérique dominée essentiellement par la fougère indigène Cyclosorus interruptus, et dans une moindre mesure l’Herbe bourrique Ludwigia octovalvis, et l’Herbe d’eau Commelina diffusa. Disposée en arrière des fougeraies se déploie une importante végétation à Coix lacryma-jobi (herbacée communément appelé Larme-de-Job), souvent accompagnée par Persicaria decipiens, ou Renouée à feuilles de saule, herbacée basse supportant très bien la submersion partielle.

Sont également présentes en quantité relativement importante, les « pestes végétales » (espèces exotiques introduites par l’Homme et qui prolifèrent au détriment des espèces endémiques) comme le goyavier, principale espèce végétale envahissante de l’île.

Aux abords de l’étang, on retrouve plusieurs espèces d’arbres à haute valeur patrimoniale, tel que le bois de savon Badula borbonica, le bois de raisin ou bois d’oiseau  Bertiera borbonica, le bois de cabri Casearia coriacea, le jaque marron Cordemoya integrifolia, ou encore le mahot blanc Dombeya pilosa.

Bois de savon Badula borbonica Olivier Teyssedre ONF
Bois de savon – Badula borbonica

Protections et reconnaissances

Grand-étang est un site protégé par l’ONF.

Plusieurs outils réglementaires de gestion (code forestier, code rural et code de l’environnement), documents de planification (schéma d’Aménagement Régional / Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux de la Réunion / Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de l’Est) et moyens de surveillance (ONF / Brigade de la Nature de l’Océan Indien/ Gardes Moniteurs du Parc National) ont été mis en place afin d’apporter au site une protection maximale.

Situé au cœur du Parc National de la Réunion, Grand-étang est classé comme ZNIEFF type 1 (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique ; type I : secteurs de grand intérêt biologique ou écologique).

 Le site fait également l’objet d’application de mesures compensatoires.

La commune de Saint-Benoît et la SIDR (Société Immobilière du Département de la Réunion), n’ayant pas obtenu l’ensemble des autorisations requises, sont dans l’obligation de mettre en œuvre une série d’actions pluriannuelles scientifiques visant à compenser les effets de leur projet d’aménagement « Entrée de ville de Sainte-Anne ».

Ainsi, l’ONF s’est vu confier la réalisation des travaux dédiés à la biodiversité, à la protection et à la restauration écologique du site.

Les objectifs de ces opérations au terme de trois années sont :

– L’inventaire et l’identification d’indicateurs de bon état du milieu

– La sauvegarde de la population de bois blanc de Grand Etang

– La sauvegarde de 4 espèces rares en renforcement d’une zone de restauration

– La communication et sensibilisation sur le programme d’actions de mesures compensatoires

– La coordination et suivi du projet.

Par ailleurs, depuis quelques années, l’ONF effectue également des travaux d’entretien sur des « micro-parcelles » (entre 0.1 et 1 ha de surface):

– restauration écologique (élimination des goyaviers et autres espèces invasives, au profit d’espèces endémiques)

– cicatrisation du milieu par élimination des poches de goyavier et dégagement du recru naturel

– plantation d’espèces indigènes bois de couleurs)

– dégagements réguliers (2 à 3 par an) des espèces à maintenir et à favoriser

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Enjeux, services écosystémiques, productions

Le site de Grand-étang assure de nombreuses fonctions à différents niveaux :

– Hydrologie : rétention des eaux de ruissellement / alimentation des nappes

– Hydrobiologie: reproduction des insectes aquatiques

– Ecologie : réservoir de biodiversité floristique, présence de passereaux endémiques et rapaces

Usages et pressions

Zone de loisirs très prisée, Grand-étang est un lieu apprécié et fréquenté par les randonneurs et les familles. Le piétinement y est alors conséquent. Néanmoins, la principale menace pesant sur ce site reste l’envahissement par les plantes introduites. En effet, les aménagements pour la mise en valeur agricole des terres qui ont été mis en œuvre à proximité de la zone ont conduit à l’ouverture de ces milieux forestiers, et à l’expansion des espèces exotiques classiques de cet étage de végétation (Vigne marronne Rubus alceifolius, Goyavier de Chine Psidium cattleianum, Orthochifon Ageratina riparia, Bois de chapelet Boehmeria penduliflora …).

Vigne marronne Rubus alceifolius
Vigne marronne – Rubus alceifolius

Au niveau faunistique, plusieurs espèces non présentes à l’état naturel portent elles aussi préjudice à cet environnement et aux espèces endémiques y vivant :

– Le merle de Maurice : concurrençant le merle péi, il participe par ailleurs à la perte de son habitat en disséminant les graines du goyavier.

– De par sa voracité, le carassin doré, poisson rouge d’aquarium relâché dans la nature, est aujourd’hui responsable de la grande pauvreté en insectes aquatiques de l’étang.

– Introduit involontairement par l’homme, le rat noir est le nuisible par excellence. Non content de se nourrir des œufs d’oiseaux forestiers, il affectionne également les jeunes pousses des plantes indigènes.

Enfin, le braconnage (sur ce site comme un peu partout à La Réunion) sur des espèces protégées tels que les palmistes, orchidées ou fanjans, a des répercussions non négligeables.

Histoire

Historiquement, cet étang était le lieu où étaient installés les esclaves marrons. Le mot « Marron » vient de l’espagnol cimarrón et signifie  » s’échapper, fuir « . Il désignait à la base les animaux domestiques qui devenaient sauvages mais a fini par désigner également les esclaves fugitifs.

Découvrir le site

Retenue d’eau naturelle entourée de parois vertigineuses et verdoyantes, Grand-étang offre aux randonneurs, à pied ou à cheval, une promenade agréable et facile d’environ 2h. Il est également doté d’un espace de pique-nique aménagé.