fermer

Une pépinière de palétuviers bientôt en Guadeloupe

[:fr]

 

Les mangroves de Guadeloupe ont été largement détruites au fil des années et continuent de voir leurs surfaces diminuer sous la pression urbaine. Pour restaurer les zones dégradées, un projet de pépinière de palétuviers est mené par l’association IGREC Mer.

La création d’infrastructures routières, aéroportuaires, hôtelières, le développement de la zone industrielle de Jarry et les aménagements côtiers ont fait reculer les mangroves de manière considérable. Longtemps considérée par l’homme comme une zone insalubre, la mangrove est également victime de la pollution domestique, de remblaiement ou utilisée comme décharge. Pourtant, avec ses 3983 ha, ce milieu naturel est très riche et sert d’abri à de nombreuses espèces animales.

vue aérienne guadeloupe hélico - 107
Décharge de la Gabarre et piste de l’aéroport Pôle-Caraïbe, situés en plein cœur de la mangrove et de la forêt marécageuse entre le Grand et le Petit Culs-de-sac Marins

Afin de remédier à cette situation, l’association IGREC MER (Initiative Guadeloupéenne pour la Restauration des Ecosystèmes Marins) a mis sur pied un projet de pépinière de palétuviers qui verra le jour en juillet 2016. La pépinière accueillera principalement de jeunes palétuviers rouges, espèce la plus fréquemment détruite en Guadeloupe, durant leur phase de croissance. 18 mois après leur mise en culture, ces palétuviers seront transplantés sur les zones de mangroves les plus abimées de l’ile. Jarry, Pointe à Pitre mais aussi des sites comme Port-Louis ou les ilets du Petit cul-de-sac Marin seront ainsi réhabilités. Ces sites seront choisis en concertation avec le Conservatoire du littoral, l’ONF et le Grand Port Maritime de Guadeloupe. Des travaux de réhabilitation de l’hydrologie sont également prévus, avec notamment des curages et des remises en circulation de l’eau et réouverture des mangroves fermées sur la mer. 

 

Image1
Plantules et plantation de palétuviers rouges

 

Pourquoi restaurer les mangroves ?

Les mangroves jouent un rôle primordial face aux effets du réchauffement climatique. En effet, en cas de houles cycloniques ou de tsunamis, elles réduisent l’énergie des vagues de 75 %. Mais des mangroves en bonne santé freinent également l’érosion littorale et constituent d’excellents capteurs de CO2. Par ailleurs, cet écosystème est riche d’une biodiversité exceptionnelle et constitue à la fois une nurserie pour les poissons, une étape pour de nombreux oiseaux migrateurs et un espace de nidation pour les espèces endémiques. Enfin, les mangroves sont en interaction avec les herbiers et récifs coralliens de l’île. L’appauvrissement ou la dégradation de l’un de ces milieux a des conséquences directes sur l’état de santé des autres.

Insertion des jeunes et reconversion

L’équipe d’IGREC Mer s’est attachée à développer autour de son projet un chantier d’insertion pour les jeunes en difficulté de l’île. Ainsi, par le biais de Kazabroc, des jeunes seront formés au métier de techniciens en pépinière et travailleront à la fois sur la culture et la transplantation des palétuviers. Ils fabriqueront également les plots en béton qui serviront de supports aux palétuviers lors de l’étape de la restauration. Mais, les femmes des marins-pêcheurs de Guadeloupe devraient également être associées au projet. En effet, IGREC Mer leur proposera, contre rémunération, de mettre en culture des propagules de palétuviers dans les zones de mangroves situées près de chez elles. Une manière d’aider ces familles à se reconvertir face à la situation de crise que traverse la filière pêche ces dernières années.

Sensibiliser et éduquer

En partenariat avec l’Ecole de la Mer, IGREC Mer développera autour de ce projet des ateliers pédagogiques. Les scolaires ou les enfants en stage accueillis par l’Ecole de la Mer pourront ainsi visiter la pépinière, participer à la culture des plants, « adopter » des palétuviers et seront invités aux opérations de restauration. Avec comme objectif de faire découvrir aux jeunes cet écosystème fragile et de les aider à s’approprier ces zones humides souvent méconnues. Enfin, une facette éco-touristique est également prévue autour de cette pépinière. Les touristes pourront eux aussi « adopter » un palétuvier, suivre sa croissance sur internet et participer à sa transplantation. Une manière de développer un tourisme durable et solidaire en Guadeloupe !

 

Contact :

Mariane Aimar, IGREC Mer : mariane@ecoledelamerguadeloupe.com

[:]