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Inondations des Terres Basses autour de Petit étang et Grand étang à Saint Martin

Dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre dernier, de fortes pluies se sont abattues sur l’île de Saint-Martin, faisant déborder le Petit étang et le Grand étang, qui à leur tour ont inondé routes et habitations du secteur des Terres Basses. Près de 70 centimètres d’eau sont tombées en quelques heures.

Les propriétaires, premiers intervenants face à l’urgence de la situation, ont alors pompé la zone pour évacuer l’eau vers la mer toute proche.

Ce type de phénomène est exceptionnel à Saint-Martin. Ce n’était jamais arrivé de0010830-001 mémoire de Saint Martinois. Comment des précipitations qui n’ont pas duré plus d’une journée ont pu faire tant de dégâts, sur un site qui n’avait jamais connu d’inondations auparavant ? Même l’ouragan Gonzalo n’avait pas eu de telles conséquences.

Face à cette situation sans précédents, l’association des propriétaires des Terres Basses s’est tournée vers les autorités afin de trouver une solution si une telle catastrophe se reproduisait. Le Conservatoire du littoral, propriétaire des étangs, leur a proposé de constituer un dossier technique et historique des étangs afin de comprendre pourquoi ces inondations avaient pu survenir.

L’urbanisation de la zone des Terres Basses et l’absence d’exutoire vers la mer sont vraisemblablement les causes principales de cette montée des eaux : les constructions urbaines bouchent le processus naturel d’évacuation de l’eau de l’étang vers la mer.

Une des solutions envisagées pour faire face à ce genre de situation à l’avenir serait la construction d’un exutoire artificiel enfoui, fermé avec une vanne.

Suite à ces inondations, les dommages à déplorer ont été :

Les dégradations matérielles

L’eau a envahi la route nationale au niveau du Petit étang à Baie Rouge et les axes routiers qui permettaient de circuler à l’intérieur des Terres Basses. Les habitations ont été également touchées, au total c’est une quarantaine de foyers qui ont été sinistrés.

0011040-001La dégradation de la qualité de vie

Les habitants ont été privés d’eau courante et d’électricité car les bornes situées au sol ont été inondées.

La dégradation de la qualité de l’eau

Le surplus d’eau a causé le débordement des canalisations des eaux usées qui se sont déversées dans l’étang.

La perte d’habitat des oiseaux

Depuis fin 2011, la Réserve naturelle effectue des suivis mensuels des limicoles sur certains étangs de Saint Martin, dont Grand étang. Les effets de cet incident, cumulés aux effets de l’ouragan Gonzalo survenu quelques semaines auparavant, ont pu clairement être observés, tant sur la diversité des espèces que sur le nombre d’individus présents sur le site.

Ainsi, seulement quatre espèces ont été observées en octobre, puis trois en novembre, tandis que plus d’une dizaine d’espèces étaient présentes à Grand étang les années précédentes à la même période. Parmi les espèces manquantes à l’appel on peut citer le canard des Bahamas et les petits échassiers de type « chevaliers », qui fréquentent habituellement le site à cette saison. Les espèces tout de même observées sur le site on vu leurs effectifs nettement réduits comparé aux années précédentes. A titre d’exemple, 14 échasses d’Amérique y ont été comptées en 2014 alors qu’elles étaient plus d’une trentaine en 2013. Toutes espèces confondues, ce sont seulement 24 individus qui ont été observés à Grand étang, contre 74 en 2013 et 131 en 2012.

Néanmoins, les derniers comptages indiquent un retour à la normale progressif en termes du nombre d’espèces et d’individus présents sur le site.